Va tout s'en va....
Mon pauvre Léo, cet hymne à la jeunesse aura été mixé à toutes les sauces. Malgré tout le respect que je te dois, ce sont les premiers mots qui me sont venus. Dans la facilité peut être, mais pour reprendre la plume après ces mois passés...il me fallait une amorce d'ouverture, alors ce fut toi, artiste entre les artistes , magicien du mot, qui me l'a fournie.
En octobre je vous parlais de notre futur voyage de janvier et nous voilà premier jour de juillet et entre les deux pas une ligne, un abandon pur et simple...
Pourtant Bakel est toujours là, bien enroulée dans les boucles du fleuve et dans celles de mes pensées. Comme un voyageur immobile, tranquille derrière mes paupières closes, une pirogue acheminant le flot de mes pensées vers l'autre rive. L'autre rive c'est comme l'autre sommet, l'autre virage, l'éternel espoir sans cesse repoussé pour un autre ailleurs.

Alors je vogue vers cette autre rive, c'est tellement mieux, là-bas... Une fois arrivé il y aura certainement une colline qui me cachera l'horizon avec le drapé de ces flancs. Il me faudra alors me faufiler entre les termitières brûlées de soleil et les buissons aux épines accrocheuses afin de pouvoir prétendre à cet horizon. Et puis, de collines en collines de rives en rives, mon voyage immobile me ramènera derrière mes paupières closes. Mais le jour est là, le fleuve se noit dans le flot du quotidien, il est presque l'heure ...nous avons un avion à prendre me semble t'il ...en ce 5 janvier 2011..
Saut de puce dans l'intemporelle... nous voici déjà à Casablanca...
Et voilà l'équipe, presque au complet sur les deux photos. Il ne manque que notre apiculteur désormais célébrissime dans le département de Bakel, mais j'aurais l'occasion de vous en parler plus longuement..Quoique en regardant bien, on l'aperçoit dans le fond..

Nous partîmes à 10 mais par un prompt renfort nous nous trouvâmes à 10 à l'aéroport... incroyable non?? nous n'avions perdu personne lors du franchissement de la méditerranée.
Dans cette équipe nous trouvons, un médecin, un apiculteur, un professeur d'histoire géo ,une journaliste, un animateur de centre de loisirs et son amie, un entraineur de handball, une directrice de structure petite enfance et son mari (votre serviteur...) et une scientifique du milieu médical.
Tout ce beau monde est content de partir, volontaire plutôt deux fois qu'une, mais le
mystère reste entier. Comment c'est là bas?
On se rassure avec de petites "blagounettes" surtout pour les petits nouveaux de l'Afrique. Cette grande Dame impressionne toujours autant, la première fois reste la première fois. Tant de clichés ont la peau dure sur notre vieille terre de France qu'il est toujours difficile de s'imaginer la réalité africaine avec des critères occidentaux. Je pourrais y aller 100 fois, mille fois, toujours ce petit stress, ce petit "mal au coeur" qui se répand un peu partout dans le corps.
La veille du grand saut pour les parachutistes ressemble peut être à cette trève de Casablanca. Un monde entre deux, plus vraiment occidental mais pas encore pleinement africain. L'important est d'en parler, d'évacuer un peu de cette angoisse de manière à profiter entièrement de cette belle leçon d'humanité que nous allons encore prendre durant ces quinze jours...
Prochaine étape Dakar....dernière tansition avant Bakel ....affaire à
suivre




