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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 09:03

Toc  toc....Y' a quelqu'un ? c'est Chrisnique...même pas ils vont me reconnaître !!!!

 

       Le silence me semble assez épais...allez tant pis, j'entre, on verra bien.

Au regard de l'état de ce blog la poussière de l'année a du se déposer entièrement ici. Quoique, en fait, on en est pas loin d'une année d'abandon. Et dire qu'il s'est passé tellement de choses durant tout ces mois.  Par quoi pourrais je commencer?  on va se la jouer au "feeling", après tout la chronologie ne va pas nous empoisonner la vie.

 

    Ma plume ne connaît ni maître ni contrainte, seul le plaisir peut accompagner ma main dans la transcription du flot de mes pensées.

 

Pause..reprise le 9 décembre..

 

    Quelle année, j'ai du mal à soustraire un peu de temps au temps pour écrire sur ce blog, ce n'est pas faute d'inspiration. Il  suffit de fermer un peu mon esprit aux sollicitations extérieures et me concentrer sur un sourire d'enfant, une odeur d'encens ou un bruit d'eau qui coule comme un fleuve tranquille et puis le voyage se refait...dans un sens ou dans l'autre. Qu'importe le moyen, l'important est de se laisser guider par le flot des sensations retrouvées. Mais....

 

 

Le-pied-Laminea.jpg


    Dans l'immédiat ma pensée est plutôt occupée par les préparatifs de notre voyage en janvier. Mais j'aime bien ce petit stress qui arrive doucement, qui s'installe et encombre le quotidien de manière de plus en plus présente. Cette année nous arrivons à dix, alors l'organisation n'est pas tout à fait la même, et la responsabillité augmente d'autant.

    Ceci dit en me retournant un peu sur les années passées, j'essaye d'imaginer le chemin parcouru, ce qui fait que Bakel me surprends toujours, pourquoi elle déclenche en moi autant de contradictions et d'attrait. Les années passent et le questionnement est le même.

 

   En 2006, deuxième séjour en terre Bakeloise en ce qui me concerne, le retour sur Apt m'avait quelque peu secoué, je vous en laisse pour preuve ces lignes.....

 

 

 

Baobab-1.jpg


 

      Ici ou là-bas, je me perds la nuit, plus que lors du premier voyage, le réveil apporte un certain calme et un peu de frustration. 

 

            Nous revoilà replongé dans la vie trépidante et rythmée par la sacro-sainte pendule de ce monde occidental, dit civilisé... Civilisé, quel drôle de mot pour qualifier des gens qui ne se disent bonjour qu’une seule fois dans la journée et sans jamais s’intéresser au reste de la famille. Je m'abroge donc le droit de m'interroger sur le sens exact du mot civilisé car je serais trop déçu par la triste réalité que je risquerais de découvrir.

 

Quand pour la première fois de sa vie on a déposé humblement son misérable séant au pied d'un baobab majestueux il y a comme une évolution dans la façon de contempler la réalité. Il se crée une fissure dans les références bien alignées d'un monde dit normal.

J'ai perdu ma boussole là bas au fin fond du grand rien, j'espère en vain au fil des heures le cri de l'âne qui me re-collera à une autre réalité.  Mais la nuit passe.... Un rônier stoïque contemple le flot de mes pensées tout en rêvant à un manteau de fleurs. Avant il y avait le hibou farceur du coin du mur, mais tous ces livres qu’il ne lira jamais, ont perturbé son cheminement philosophique et lui ont fait déserter son perchoir de solitude. La nuit est chaude, des envies de bain et de vagues moussantes d’écume débordent de mes paupières mi-closes, les dernières fragrances de la journée s’évanouiront dans la fraîcheur de l’aube.

Il me reste le film blanc de la moustiquaire comme dernier rempart entre elle et moi…elle…

 Elle, Afrique, noire de monde ou monde de noirs, pourtant si lumineuse quand on ouvre assez ses yeux de Toubab pour voir au-delà de la poussière. Encore cette fois ci, partagé entre bonheur d'y être et envie de rentrer chez moi pour fuir je ne sais quoi. Pas toujours les yeux et le cœur assez ouvert pour accepter cette foule bigarrée amicale bruyante désordonnée chaleureuse, besoin par moment d'échapper, de me cacher, de me protéger aussi. La colère de voir certaines choses, de ne pas les comprendre et surtout de ne pas les accepter et, au petit matin, ce chant appelant à la prière, dans la lumière naissante, comme une douceur avant la brûlure du soleil. Le chant, rythme de base qui cadence toute vie sur cette terre brûlée et quelque peu oubliée, l’appel au travail ou à la paix, à la sauvagerie la plus primitive pour la guerre tribale ou pas et surtout à l’amour. L’amour pour oublier, l’amour pour aimer. Elle dansera pour lui, en silence, les yeux seront ses mots, il sera le plus fort pour elle et rien que pour elle. Et l’enfant qui  naîtra aura déjà sur son avenir le fardeau de sa peau noire mais il ne le saura peut être jamais………… 

 

Pourquoi tant de contrastes... je ne cesse de m'interroger sur ce qui m'attire là bas et me repousse par moment, peut être il me manque ce que possède Fatou ...ma Fatou, que je n'aurais peut être jamais. Mais qu'importe du moment que je ne m'y sente jamais seul, j'essaierai d'apprendre et avec le temps j'y arriverai  bien.... Inch'Allah.... 

 

                                                                         avril 2006

 

 

photo-Nico-1.jpg

 

Cette photo fait partie de celles réalisées par N.Heux auprès des jeunes de Bakel. Neuf d'entre elles ont été tirées sous forme de cartes postales et sont disponibles à la vente auprès du comité de jumelage.

 

 

 

 

                                                                                       (à suivre....en 2011)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par Chrisnique
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